Frantxoa Garat

Extraits

Fête-Dieu : catalyseur des débats politiques

Frantxoa Garat démontre le poids sociologique et politique de la fête religieuse. Il a été nommé curé d’Armendarits en 1977, à la suite de l’abbé Etchegaray. Ce dernier, après une longue trêve, venait cette année-là d’organiser la Fête-Dieu. Les élections municipales venaient d’avoir lieu. En 1978, les jeunes liés au parti ayant été évincé de la mairie décidèrent d’organiser seuls la Fête-Dieu, afin d’assoir leur pouvoir par le biais de l’Eglise et pour « compter leurs troupes ». F. Garat, contrarié, leur expliqua que cette démarche de foi ne pouvait se faire dans un esprit de division. Il ne fut pas entendu et la fête eut lieu malgré tout. Il leur demanda de rendre les costumes pour que l’édition suivante puisse être organisée tous ensemble, ce qu’ils refusèrent. En conséquence, la Fête-Dieu d’Armendarits s’arrêta.

Frantxoa Garat. Programme "Eleketa". 2012 © Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques - 19AV558

Carnaval à Hasparren

A Hasparren, le carnaval avait une grande importance, notamment le dimanche et le jour du Mardi gras. Les courses de vaches étaient si réputées qu’elles étaient devenues le jeu préféré des enfants à la récréation. Les jeunes dansaient les sauts basques dans la rue. Frantxoa a grandi dans cette ambiance.

Frantxoa Garat. Programme "Eleketa". 2012 © Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques - 19AV554

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Biographie

Frantxoa Garat

Frantxoa Garat a eu l'occasion, lors des années qu'il passa à Espelette en tant que prêtre de la paroisse (1988-1997) de réfléchir avec Xan Ipharaguerre sur la manière d'insufler une dynamique nouvelle à la tradition de la Fête-Dieu. Réduite à l'époque à une simple procession du Saint-Sacrement accompagnée des fidèles et de la clique, ils décidèrent en 1990 de réhabiliter cette fête en lui restituant du sens (place prépondérante accordée à la danse, aux costumes, à la symbolique) et une esthétique forte. Elle connut un grand succès et perdura ainsi jusqu'en 2000, pour se réduire à nouveau à sa plus simple expression. 
Frantxoa Garat a connu la Fête-Dieu dans d'autres paroisses où il est passé, et notamment à Armendarits (1977-1988) où cette fête cristallisait toutes les oppositions. Ce fils né en 1944 à la maison Lordaenea du quartier Zelai à Hasparren a fait ses études à Hasparren, Ustaritz, Bayonne, Dax et Rome (1968-1972 : licence de théologie morale). Il nous livre ici ses différentes expériences de la Fête-Dieu et sa lecture sociologique de cette tradition.