Graxiana Castillon

Graxiana Castillon

Extraits

La manière de danser d'Esquiule

Graxiana parle des différentes manières de danser entre les villages (Esquiule, Ordiarp). Originaire d’Esquiule, elle explique comment sont interprétés les pas dans son village. Dans son cas, la transmission se fait également en famille, car son grand-père, danseur, lui enseigne régulièrement la danse.

Graxiana Castillon. Collecte "Eleketa". 2013 © Département des Pyrénées-Atlantiques - Archives départementales - 19AV1306

Les femmes et la danse, à Esquiule

En Soule, les femmes ont sauvé la danse. Graxiana Castillon pense que si les hommes ne dansent plus, c'est de leur faute, ce sont eux qui ont arrêté. Maintenant, à Esquiule, la danse est vue comme une pratique féminine. Les hommes eux font plutôt du sport (rugby, etc.). Ensuite, avec l'âge, ils reviennent un peu, parce qu'ils n'ont pas appris à danser et qu'ils se rendent compte que c'est important. D'autre part, le monde change. Les femmes ont pris leur place dans la société, et puisqu'elles l'ont prise, elles doivent la garder. Il ne lui semble pas que les hommes doivent danser davantage et que c'est plus beau. Chacun a son avantage. Les femmes apportent de la grâce et les hommes, de la force. Les femmes sont aussi plus perfectionnistes. De plus, si les femmes n'avaient pas été là, on ne verrait plus de danse sur les places. Tout le monde doit danser ensemble, on ne peut pas dire qu'on doit laisser la place aux hommes ou aux femmes. Ce sont les femmes qui ont maintenu la danse. Autrefois aussi, si les femmes avaient pu participer, elles auraient dansé, avec les garçons, mais ils ne les laissaient pas le faire.

Graxiana Castillon. Collecte "Eleketa". 2013 © Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques - 19AV1308

En savoir plus

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Graxiana Castillon, née le 11 avril 1994 à Esquiule, représente la jeune génération, nourrie dès sa plus tendre enfance de la tradition culturelle souletine. 
Elle est scolarisée à l'école primaire du village, au collège d'Oloron et au lycée de Chéraute, mais elle pratique le basque, sa langue maternelle, en famille. Elle entame ensuite la formation d'études basques à la faculté de Bayonne. 
Graxiana grandit dans un environnement imprégné par la danse et le chant. Ses parents font partie du groupe Lagünak. L'influence de son grand-père Jean Castillon est grande, et il demeure pour elle une référence précieuse. Alors qu'elle est toute petite, il lui enseigne la danse, comme le font aussi ses oncles Joanes Lerdou et Ximun Castillon. 
À six ans, elle s'inscrit à l'école de danse et de chant du village, l'association Eskiularra, à laquelle elle reste assidue, encore aujourd'hui, à l'âge de 19 ans. 

Elle est encore toute jeune lorsqu'elle endosse le rôle de buhamesa (bohémienne) à la mascarade des enfants. Elle participe ensuite à : 

Dinbili Danbala, la création artistique de Catherine Arçanuthurry en 2007 ; 
Oroitzapenak, création de danses et chants souletins et aux mascarades en 2012 ; 
- la pastorale Ederlezi en 2013. 

Si Graxiana reste profondément attachée à la danse traditionnelle, elle est parallèlement une chanteuse interprète laissant libre cours à son espace intime.