Michel Etchecopar

Michel Etchecopar

Extraits

Les maîtres de danse Jeannot Larrondo et Erramun Tartachu

Mixel Etchecopar parle de la différence entre les maitres de danse Jeannot Larrondo et Erramun Tartachu (tous les deux ont enseigné à Ordiarp). Leurs visions et méthode étaient complémentaires : Larrondo en tant qu’ancien capitaine de l’armée était favorable à la formation des élites, à une danse de haut niveau, alors qu’Erramun Tartachu était quelqu’un qui rassemblait les gens avec une fonction sociale très forte. Il prenait tout le monde car il ne savait dire "non" à personne. Mixel et quelques copains venaient de Gotein à Ordiarp pour suivre l’enseignement d’Erramun Tartachu. Ils mémorisaient les pas en les chantant. Il parle du lien naturel entre le chant et la danse alors qu’on a tendance à les compartimenter.

Mixel Etchecopar. Collecte "Eleketa". 2013 © Département des Pyrénées-Atlantiques - Archives départementales - 19AV935, 937

"La tradition est un chemin à inventer"

La tradition a un poids - un poids trop important -, parce qu’on pourrait penser que c’est un patrimoine mort, transmis par les ancêtres pour être transmis à nouveau. Aujourd’hui, pour Michel Etchecopar, elle est un chemin à inventer. La tradition n’est pas seulement, à ses yeux, ce que nous savons, mais ce que nous sommes. Elle se vit, dans le coeur et dans les tripes. Elle vient davantage de ce que l’on a oublié, que de ce dont on se souvient. Des espaces ont été créés pour vivre la basquitude. Pourtant, le poids de la tradition est écrasant, souligne Michel Etchecopar. Il justifie cela par la peur de disparaître, qui paralyse. "Quand on a peur, il n’est pas facile d’ouvrir les bras", explique-t-il. "Vivre dans un petit espace comme le Pays Basque, et à fortiori la Soule, est appréciable pour s’épanouir en tant que Basque, mais il n’est pas aisé de s’ouvrir au monde, dans les faits", regrette-t-il. Pour sa part, il s’oxygène grâce au collectif Hebentik et au festival Xiru. Michel Etchecopar évoque la source d’inspiration des créations de Xiru et d’Hebentik. Pour "Mustraka" (1999), il s’agissait d’étudier, sous forme de spectacle, la tradition de la pastorale (mouvements, déclamations…), avec la participation des jeunes de Gotein et de Larrau. C’était une sorte de laboratoire où l’on montrait l’importance du chant et de la danse dans la pastorale. Ensuite, il y eut "Oierkoren Trajeria" (2006), présentée devant un millier de personnes, le soir, dans la montagne, qui visait à montrer ce qui fait la force de la pastorale. Suivirent les pastorales "Euskal Amerikan artzain" (2009) et "Ederlezi" (2013). Cette dernière évoquait l’épopée des Tsiganes en Pays Basque. Chaque projet a nourri le suivant. Pour "Pilotar(h)itza" (2005), l’inspiration prenait sa source dans le jeu de pelote basque que Michel Etchecopar voit comme un art : le claquement de la pelote est de la musique, et le geste élégant du joueur de pelote, une danse. Même si ses idées sont souvent à l’origine des projets, il souligne l’importance du travail de groupe dans le processus de création.

© Département des Pyrénées-Atlantiques – Archives départementales - Collecte "Eleketa". 2013 - 19AV945-947

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Michel Etchecopar est né en 1963 à Gotein-Libarrenx, à la ferme Agerregarai. Cadet d'une famille de cinq enfants, il partage les bancs de l'école publique avec des enfants d'immigrés portugais, venus travailler dans l'industrie mauléonnaise de l'espadrille. Cette expérience de l'altérité modèle son être profond, de même qu'un lien très étroit à la nature environnante dès sa plus jeune enfance, à sa langue souletine maternelle, ainsi qu'à la danse et à la musique (txülüla, flûte à trois trous). 
Bien que son père soit toujours en train de siffler et sa mère, en train de chanter, Michel n'est pas issu d'une famille de danseurs 
Son maître d'école, qui sera plus tard son beau-père, l'initie à la danse et au chant souletins. Au début des années de collège, il a Erramun Tartachu d'Ordiarp comme maître à danser, et commençe à la même époque (1975-1976) à apprendre la txülüla ou xirula avec Jean Copen de Mauléon. 
En 1977, Michel Etchecopar joue avec son frère Pette à la mascarade d'Ordiarp et participe dès lors, comme musicien, à la plupart des mascarades. 
Il participe à sa première pastorale à Gotein-Libarrenx, en 1973, comme acteur (dans le rôle de l'ange puisqu'il avait alors 10 ans), et dans celles qui suivent comme xirulari puis chef de choeur (à partir de 1993). 
Michel Etchecopar est l'initiateur du festival Xiru de Gotein-Libarrenx en 1990, fondateur de l'association culturelle Abotia en 1994, instigateur du collectif d'artistes Hebentik en 2004. 
Il est aujourd'hui très investí dans la recherche de formes à la fois nouvelles et ancestrales de la tradition dansée et chantée souletine. Les nombreuses créations dont il est à l'origine en témoignent. À travers ses différents enseignements (notamment chant et xirula), il accorde également une place importante à la transmission de ce patrimoine immatériel.