Fête-Dieu à Hélette (c.1972)

Ce film fait partie des tournages réalisés par les Guilcher dans le cadre de leurs recherches sur les danses du Pays Basque. Il nous montre, en images couleur, différents aspects des célébrations de la Fête-Dieu à Hélette (Basse-Navarre).
Fête-Dieu à Hélette (c.1972)
Fête-Dieu à Hélette © Fonds Jean-Michel Guilcher

La documentation qui accompagne ces images ne comporte aucune date. Nous avons retenu l'année 1972 à titre indicatif, car les Guilcher ont réalisé d'autres tournages de la Fête-Dieu à cette période, ce qui laisse penser que ces images datent elles aussi des environs de 1972.

Fête-Dieu à Hélette (c.1972) - Remarque : il s'agit d'un film muet.

 

  • 00:25 - Ces images montrent le cortège des participants en costume s’avançant dans une large rue d’Hélette. Les sapeurs ouvrent la marche, suivis des musiciens, puis des coqs, du capitaine, des porte-drapeaux, des soldats de l'autel, des soldats et des caporaux. Tous avancent à pied, au rythme de la musique. Cela indique qu’ils se dirigent de la place vers l’église et que les images ont été tournées au cours de la première partie de la célébration.
  • 00:33 - Nous voyons à présent le cortège entrer sur la place d’Hélette. Cette fois, le groupe apparaît dans son ensemble et, en tête, se trouve le porte-drapeau, portant l’Ikurriña. Il est vêtu de blanc, avec une cravate, une écharpe portée en bandoulière sur la poitrine et un béret. Derrière lui, les autres participants en costume avancent en deux rangs.
  • 00:47 - Ces images nous permettent d’observer avec davantage de précision les différents membres qui composent le cortège :
    • Les deux coqs portent une veste verte et des casques ornés. Ils tiennent dans leurs mains un bâton décoré de rubans, surmonté d’une figure en forme de coq.
    • Les quatre sapeurs portent le casque et la veste noire traditionnels. Ils ont un tablier à l’avant et portent une hache posée sur l’épaule.
    • Le porte-bâton porte une veste noire et un casque rouge. Il avance en faisant tournoyer son bâton.
    • Dans la fanfare, on distingue des trompettes, des clarinettes, des trombones, un bombardino, des tambours et des grosse caisses.
    • Le capitaine et les officiers viennent derrière eux, vêtus d’un pantalon blanc, d’une veste et d’un chapeau sombres.
    • À leurs côtés se trouve le Suisse, avec son bicorne caractéristique.
    • Deux autres porte-drapeaux portent des drapeaux français décorés de motifs religieux, maintenus contre leur taille. À la différence du porte-drapeau placé en tête du cortège, ils sont habillés de rouge.
    • Les deux hallebardiers portent une veste rouge et des bérets blancs ornés. Ils tiennent dans leurs mains des hallebardes décorées de rubans.
    • Viennent ensuite les deux gendarmes, les soldats (une vingtaine environ) et, intercalés parmi eux, les deux caporaux. Ces derniers sont généralement de jeunes garçons, ce qui souligne clairement la fonction de transmission de cette fête. Ils portent une veste grenat et un béret blanc.
    • Dans l’espace entre les deux rangées, on peut voir le sergent, vêtu de rouge et portant un fusil sur l’épaule (comme les soldats).
    • Le groupe est fermé par deux jeunes garçons vêtus d’une veste et d’un béret rouges. Au total, le cortège est composé d’une cinquantaine de personnes.

 

  • 01:10 - Nous pouvons ensuite voir d’autres images de la traversée du village. Le groupe arrive sur la place d’Hélette. Il en fait une nouvelle fois le tour. En effet, le cortège traverse le village de part en part.

    Comme l’explique Xabier Itzaina : "Le matin, la garde circule dans les rues et va chercher les autorités pour se rendre à la messe (le curé et les hommes du village). Arrivée à l’église, la garde s’arrête à l’entrée, dans l’attente du signal du prêtre. Lorsque celui-ci sort de la sacristie, le Suisse frappe trois coups avec sa hallebarde, et la garde entre en dansant jusqu’à l’autel. (...) À la fin de la messe, une procession est organisée à l’extérieur, en faisant un tour avant de revenir à l’église. Les zapur, les porteurs de coqs et le porte-bâton dansent dans la procession autour du Saint-Sacrement."
    ("Eliza, herri kultura eta politika. Besta Berri ipar Euskal Herrian". Uztaro 20, 1997)
  • 01:47 - Ces images montrent l’entrée dans l’église. Les danseurs y pénètrent en passant par le cimetière, en exécutant la Kaxkarot martxa. Les coqs ouvrent la marche, suivis des sapeurs. Les premiers réalisent le long pas de kontrapas en le faisant glisser sur le sol. Les sapeurs, quant à eux, commencent le pas avec la jambe extérieure de leur rang. Ils exécutent d’abord un kontrapas, puis enchaînent avec des tours. Chaque danseur orne ces rotations à sa manière : en marquant les contretemps au sol en quatre pas, en huit petits pas, ou encore en accentuant les deux derniers…
  • 02:05 - Vient ensuite le porte-bâton, qui avance en regardant derrière lui tout en faisant tourner son bâton. Lui aussi exécute une variante de la Kaxkarot martxa, alternant kontrapas et frappes de pieds, sans cesser de regarder les musiciens qui le suivent. À l’origine, telle était précisément la fonction du porte-bâton : guider ou diriger les musiciens.
  • 02:16 - Les musiciens apparaissent au premier plan. Derrière eux avancent, à pied, le capitaine, un officier et le Suisse. Plus loin, on aperçoit les porte-drapeaux et les hallebardiers qui progressent en exécutant la Kaxkarot martxa, à l’instar des coqs et des sapeurs. Les quatre soldats avancent, quant à eux, à pied. À la suite du cortège viennent les habitants du village, vêtus de leurs habits de ville.

En savoir plus

  • Fonds audiovisuel Guilcher - 020. Fête-Dieu à Hélette (c.1972)
  • Analyse des images et rédaction : Aritz Ibañez - Euskokultur Fundazioa.

Le dépôt du fonds audiovisuel de Jean-Michel et Hélène Guilcher par leurs enfants auprès de l'Institut culturel basque et de l'association Dantzan constituait une opportunité pour restituer ce trésor aux amoureux de la danse basque. C'est pourquoi l'ICB et Dantzan ont ensemble cofinancé les travaux de recherche et de rédaction préalables à sa diffusion.