Fête-Dieu - Iholdy (1972)

Ces images ont été filmées par Hélène et Jean-Michel Guilcher à Iholdy, en Basse-Navarre, lors de la célébration de la Fête-Dieu (Besta Berri) en 1972.
Fête-Dieu - Iholdy (1972)

 

  • 00:23 - Le premier plan nous présente une vue de la place d'Iholdy. Le village apparaît désert jusqu'à la 31ème seconde, où un plan filmé sous un autre angle révèle le groupe des participants en costume de la Fête-Dieu. Aussitôt après, on découvre tous les personnages du défilé précédant la messe : le Suisse, encadré de ses deux coqs, les porte-drapeaux, les sapeurs, les musiciens, d'autres porte-drapeaux, le capitaine, les officiers, les soldats…
  • 01:04 - On peut voir les sapeurs exécuter leur pas caractéristique au rythme de la marche. Ils ne l'effectuent pas tous de la même manière : certains avec plus de sobriété, d'autres de façon plus élaborée, notamment dans les demi-tours, où ils doublent leurs pas à la manière des farusak
  • 01:34 - Nous nous trouvons maintenant à l'entrée de l'église d'Iholdy. L'image est prise d'un point de vue inhabituel, sans doute depuis le cimetière, et d'assez loin. Les coqs s'apprêtent à entrer dans l'église. À 0 min 25 s, le plan est plus rapproché, ce qui permet de mieux les distinguer, avec leurs hauts casques richement ornés et les bâtons garnis de rubans qu'ils tiennent à la main. Ils exécutent alors le pas d'entrée dans l'église. Ce pas est une variante particulière de la marche dite kaskarot-martxa, plus sobre et plus retenue. Lors de la Fête-Dieu, à l'entrée dans l'église comme pendant la procession, les accents de cette marche sont marqués sans saut, contrairement à ce qui se fera plus tard sur la place.
  • 01:42 - Les sapeurs suivent les coqs. Eux aussi exécutent le même pas. Ils avancent de six pas vers l'avant - les kontrapas - puis reculent de quatre. Ils progressent ainsi lentement vers l'entrée de l'église. De l'autre côté du porche, plusieurs villageois assistent à l'entrée des participants costumés dans l'église.
  • 02:00 - Lorsque les deux premiers sapeurs se sont suffisamment avancés, les deux suivants commencent à danser, juste sous le porche. Comparés aux premiers, ces deux danseurs esquissent un léger redoublement du pas vers l'arrière, sans toutefois l'accomplir pleinement, le geste restant presque à l'état d'intention.
  • 02:20 - Le porte-bâton arrive ensuite. Tout en faisant tourner son bâton, il n'exécute que le pas vers l'avant. À un moment toutefois, il effectue un demi-tour et se retrouve face à l'arrière. Il profite alors de cet instant pour offrir une brève démonstration de maniement du bâton : avançant et reculant en kontrapas, il fait passer le bâton autour de son cou, le fait tournoyer devant lui, puis le fait également passer derrière son dos… Sous le porche, on aperçoit les musiciens, tandis qu'un peu plus loin les porte-drapeaux poursuivent leur danse.
  • 02:46 - Les musiciens franchissent à leur tour le porche de l'église. Deux tambours ouvrent la marche, suivis de la grosse caisse et des cymbales. La clique entre également. Tous effectuent leur entrée à pied, sans danser. Ils sont vêtus de blanc et portent un béret ainsi qu'une ceinture de couleur. Les porte-drapeaux ont interrompu leur danse en pénétrant sous le porche de l'église et n'apparaissent plus qu'à peine dans les images.
  • 02:59 - Le capitaine et les officiers franchissent à leur tour le porche de l'église, l'épée posée sur l'épaule. Eux aussi font leur entrée sans danser. Il nous semble qu'ils sont accompagnés des aldare-aitzinekoak ainsi que d'autres porte-drapeaux.
  • 03:05 - Les images suivantes nous montrent à nouveau la place d'Iholdy. Un plan large nous présente le déploiement sinueux du cortège de la Fête-Dieu, qui défile sur l'herbe accumulée au sol. Un homme portant la croix ouvre la procession, accompagné de part et d'autre par un aldare-aitzineko. Derrière eux, disposés en deux rangées, avancent onze enfants, filles et garçons, puis, plus loin encore, les hommes adultes du village. Des drapeaux et des bannières apparaissent également çà et là, au-dessus des têtes.
  • 03:30 - Le cortège des participants costumés descend depuis l'église. Quatre coqs ouvrent la marche, suivis des sapeurs — six exactement — qui avancent cette fois en exécutant une kaskarot-martxa un peu plus sautillante. Certains plans montrent le détail des pieds des danseurs, mettant en évidence les nuances de leurs pas.
  • 04:36 - Les porte-drapeaux avancent à pied. Certains portent le drapeau français, d'autres l'Ikurriña. Les images nous montrent également le capitaine et les officiers. Derrière d'autres drapeaux encore apparaissent les aldare-aitzinekoak, le fusil à la main.
  • 05:06 - Arrivent ensuite les jeunes filles vêtues de blanc qui ont reçu la communion. Viennent après elles les sacristines, les enfants de chœur, les prêtres, et, tout à l’arrière, le Très-Saint-Sacrement sous un dais ou un pavillon. Juste devant le passage que suivra le Saint-Sacrement, on voit des jeunes filles, des femmes et des enfants de chœur dérouler une longue toile blanche.
  • 05:19 - Arrivés au centre de la place, le dais et le Saint-Sacrement sont installés dans un emplacement surélevé. Les participants costumés dansent alors autour d'eux en exécutant la kaskarot-martxa, presque sans se déplacer. Le caméraman nous montre ensuite les détails du cortège, tour à tour en plans rapprochés et en plans plus éloignés.
  • 05:45 - Ces plans montrent que les rues d'Iholdy ont été recouvertes d'herbe et de jonc, comme il est d'usage, indiquant précisément le parcours que suivra le cortège.
  • 06:08 - Dans ces plans plus généraux du cortège, on aperçoit le personnage du Suisse, que nous n'avions vu qu'au début, à la tête des participants costumés, entre les deux coqs qui ouvrent la marche. Les danseurs avancent à pied cette fois-ci, mais les porte-drapeaux et le porte-bâton continuent malgré tout à agiter leurs drapeaux et leurs bâtons. Le cortège a repris le chemin de l'église et, avant le Saint-Sacrement, on déroule à nouveau la toile blanche sur le sol.
  • 06:52 - Le Suisse, les coqs et les sapeurs apparaissent dans la rue en descendant. Tous, à l'exception du Suisse, dansent la kaskarot-martxa, en effectuant cette fois des demi-tours, avec un style plus sautillant. Cela nous indique que la procession est terminée et que les danseurs peuvent désormais adopter une manière de danser plus joyeuse, en tout cas moins solennelle.
  • 07:19 - Les images montrent une autre séquence. Les sapeurs ouvrent le groupe, avançant à pied avec un pas ferme vers l'avant. Le cortège des participants costumés fait le tour de la place : les sapeurs, le porte-bâton, les musiciens, les porte-drapeaux, le capitaine et les officiers, les aldare-aitzinekoak… Ils parcourent également l'ensemble du village en empruntant d'autres rues. Selon les plans, on aperçoit aussi le Suisse et les coqs à la tête du groupe.
  • 08:33 - Ces images semblent appartenir à une autre année,  ou du moins à un autre jour (peut-être de l'Octave ?). Le Suisse, les coqs, les sapeurs et les autres participants portent des chaussures, car des flaques d'eau parsèment le sol. Il semble qu'il ait plu. On les voit exécuter la kaskarot-martxa et effectuer des demi-tours au deuxième pas; on peut donc en déduire qu'il s'agit d'images prises après la procession.
  • 09:30 - Les participants costumés apparaissent à nouveau chaussés d'espadrilles blanches, avec une démarche assurée.
  • 10:08 - Les participants portent à nouveau des chaussures. À l'entrée d'une maison (celle de l'auberge, peut-être ?), le groupe apparaît en train de danser la kaskarot-martxaLa séquence suivante nous montre en détail les jeux du porte-bâton avec son bâton. Pour terminer, le cinéaste nous montre les participants costumés entrant dans l'auberge. Dans ce dernier plan, on aperçoit un jeune garçon qui tente d'imiter le pas des sapeurs.

En savoir plus

  • Fonds audiovisuel Guilcher - 018. Fête-Dieu - Iholdy (1972)
  • Analyse des images et rédaction : Aritz Ibañez - Euskokultur Fundazioa.

Le dépôt du fonds audiovisuel de Jean-Michel et Hélène Guilcher par leurs enfants auprès de l'Institut culturel basque et de l'association Dantzan constituait une opportunité pour restituer ce trésor aux amoureux de la danse basque. C'est pourquoi l'ICB et Dantzan ont ensemble cofinancé les travaux de recherche et de rédaction préalables à sa diffusion.