Fête-Dieu à Mendionde (1972)

Ce film fait partie des tournages réalisés par le couple Guilcher dans le cadre de ses recherches sur les danses du Pays Basque. Il présente des images en couleur du cortège de la célébration de la Fête-Dieu à Mendionde (Labourd).
Fête-Dieu à Mendionde (1972)
Fête-Dieu à Mendionde - 1972 © Fonds Jean-Michel Guilcher

Mendionde est une commune de l’est du Labourd, située à la frontière avec la Basse-Navarre. Dans son ouvrage La tradition de danse en Béarn et Pays basque français, publié en 1984, Jean-Michel Guilcher écrit avoir réalisé des observations du cortège de la Fête-Dieu à Mendionde en 1972 (p. 443).

Fête-Dieu à Mendionde - 1972 - Remarque : il s'agit d'un film muet.

 

  • 00:23 - Les images nous montrent la place de Mendionde.

  • 00:30. Le plan qui commence à la seconde 30 montre la croix de la place de Mendionde et, derrière celle-ci, la maison Babakia. Il ne fait aucun doute que nous sommes sur la place de Mendionde. La garde de la Fête-Dieu traverse la place à pied. Il s’agit donc d’images du défilé dans les rues avant la messe. Les coqs (2) ouvrent la marche. Derrière eux, les sapeurs (4), puis le porte-bâton (1), faisant tournoyer son bâton. Il est accompagné par une fanfare composée de tambours, de clarinettes, de trompettes et de saxophones. Derrière eux, à demi caché, on peut voir le Suisse, avec le capitaine à ses côtés. L’officier se trouve de l’autre côté, même si nous ne pouvons pas le voir sur les images. Les porte-drapeaux (2) tiennent entre leurs mains des drapeaux français ornés de rubans colorés. Viennent ensuite les hallebardiers, coiffés d’un béret rouge et vêtus d’une veste verte, tenant eux aussi des armes décorées. Derrière eux avancent les soldats (plus d’une vingtaine), le fusil posé sur l’épaule. Certains portent sur la tête des bérets noirs fleuris, d’autres des bérets rouges à pompon. Au milieu d’eux, un autre grand drapeau français porté par un porte-drapeau. Fermant le groupe, les jeunes caporaux et les gendarmes.

  • 00:41 - Nous voyons maintenant le cortège de la garde de la Fête-Dieu depuis un autre emplacement. Bien que les lieux aient aujourd’hui changé d’aspect, il s’agit du chemin qui mène à l’église. Ce plan plus rapproché nous montre les détails des costumes des personnages. Les coqs portent leurs casques et leurs vestes vertes, ainsi que des bâtons décorés, surmontés d’une représentation d’un coq. Les sapeurs portent leurs casques noirs en peau de mouton et leurs élégants tabliers, la hache posée sur l’épaule. Le porte-bâton est vêtu de rouge et fait tournoyer son bâton. Les musiciens portent des vêtements de ville. Le Suisse, qui sort de la formation, porte un impressionnant bicorne et une veste rouge ornée. Le bâton qu’il tient entre ses mains est également orné de dizaines de rubans multicolores qui pendent. Le capitaine et l’officier portent un couvre-chef de type képi, orné de plumes. Ils sont vêtus de noir. À l’arrière, les porte-drapeaux, vêtus d’une veste rouge et d’un béret blanc, puis les hallebardiers, coiffés d’un béret rouge et vêtus d’une veste verte. Viennent ensuite les soldats, habillés en costume et coiffés de bérets ornés. Parmi eux, un autre porte-drapeau, vêtu lui aussi de rouge, porte un drapeau français plus sobre. Les jeunes caporaux et les gendarmes ferment la garde. Derrière tout le monde, les villageois suivent le cortège.

  • 01:11 - Les images font maintenant une ellipse et nous montrent le moment après la messe. Les danseurs se trouvent sur le même chemin qui mène à l’église, mais cette fois-ci, la rue est recouverte d’herbe, comme c’est habituellement le cas lors de la Fête-Dieu. Les coqs et les sapeurs sont les protagonistes de ces images, exécutant une version particulière de la marche des kaskarot. Le pas des coqs est sec, avec les pieds collés au sol. Ils dansent deux kontrapas et quatre points en arrière. Lors du troisième pas des kontrapas, ils frappent le sol du pied, puis enchaînent avec trois frappes en arrière. Au quatrième point, ils ferment le pas, comme dans les danses sautées. Les sapeurs dansent eux aussi, un peu plus en retrait. Le makilari, dos aux danseurs et face aux musiciens, dirige leurs airs en faisant tournoyer son bâton. Tout au fond, on aperçoit les drapeaux, eux aussi en train de danser, en parfaite synchronisation. Les autres membres du cortège ne dansent pas.

  • 01:31 - Sur le chemin de l’église, nous voyons maintenant la procession revenir dans l’autre sens. En tête, le porte-bannière, suivi des coqs, puis des sapeurs. Nous voyons cette fois la Kaskarot martxa de dos, avançant du même pas. La caméra s’attarde sur les sapeurs. Par comparaison avec le plan précédent consacré aux coqs, la danse des sapeurs semble un peu plus légère, moins raide, plus sautillante. Ce plan nous permet également d’observer plus en détail les remarquables ornements de leurs pantalons et de leurs espadrilles.

En savoir plus

  • Fonds audiovisuel Guilcher - 021. Fête-Dieu à Mendionde (1972)
  • Analyse des images et rédaction : Aritz Ibañez - Euskokultur Fundazioa - avec l'aide de Joanes Curutchague, informateur de Mendionde.

Le dépôt du fonds audiovisuel de Jean-Michel et Hélène Guilcher par leurs enfants auprès de l'Institut culturel basque et de l'association Dantzan constituait une opportunité pour restituer ce trésor aux amoureux de la danse basque. C'est pourquoi l'ICB et Dantzan ont ensemble cofinancé les travaux de recherche et de rédaction préalables à sa diffusion.