Les "mutil-dantza" à Lekaroz (1965)
Les "Mutil-dantza" à Lekaroz (1965) - Remarque : il s'agit d'un film muet.
- 00:23 - On découvre tout d’abord la place de Lekaroz, décorée pour les fêtes. À son extrémité se trouve la maison Plaxa, aujourd’hui démolie, et juste en dessous, une sorte d’estrade aménagée avec des branches de buis. Les musiciens y prenaient place pour animer le bal. Ce sont les jeunes du village, sous la responsabilité des Danbolin-nagusi, avec l’aide de quelques bénévoles, qui montaient et décoraient la scène. Le buis était apporté depuis Oronoz. La présence de cette estrade permet donc de confirmer que les images ont été tournées pendant les fêtes, très probablement, comme indiqué précédemment, le jour principal des festivités.
À gauche de la maison Plaxa apparaît la maison Elizaldea, puis, plus à gauche encore, la maison Indartea, située près de la fontaine (il s’agit de la maison qui abrite aujourd’hui l’auberge Hiru Itturri). À droite de Plaxa se trouve la maison Iruin. Ces deux dernières existent encore aujourd’hui. La caméra pivote ensuite rapidement vers la droite et fait apparaître, tout à fait à droite de l’image, la maison Etxenikea, plus sombre. Quelques détails des façades des maisons sont ensuite montrés en gros plan.
- 00:56 - Les quatre Danbolin-nagusi reviennent sur la place en effectuant un tour, puis saluent l’assemblée. Ils souhaitent Aunitz urtez! (pour de nombreuses années !) aux habitants assis tout autour de la place, parmi lesquels figurent également des Poxpolin (jeunes danseuses), en les saluant de leurs bérets. Au centre de la place, on reconnaît le joueur de txistu Maurizio Elizalde (1915-1992, Martintoneko borda, Arizkun) et le joueur de tambour Felix Iriarte (1919-2004, Artzea, Arizkun), qui assurent l’accompagnement musical. Nous avons également pu identifier les Danbolin-nagusi. Dans l’ordre où ils apparaissent dans le rang, il s’agit de Juan Angel Goñi (Iturraldea), Bautista Goñi (Etxeberria), Julian Goñi (Etxegaraia) et Luis Mari Iturriria (Ortiborroa).
- 01:10 - Les Danbolin-nagusi accomplissent le rituel traditionnel de l’Aunitz urtez!, en posant leurs bérets les uns sur les autres. Certains souhaitent alors aux autres Aunitz urtez! (pour de nombreuses années !), auxquels ces derniers répondent Bertze hainbertzez! (et à vous de même !).
- 01:11 - Les quatre Danbolin-nagusi entament ensuite la danse Hiru puntukoa, leurs bérets à nouveau sur la tête. Les plans sont coupés et très brefs. Après avoir effectué un tour complet de la place, les autres mutil-dantzari rejoignent à leur tour le cercle des danseurs, tout en respectant la disposition des Danbolin-nagusi : deux devant et deux derrière.
- 02:22 - Nous avons également pu identifier certains des mutil-dantzari : 3) Julian Maizterrena (Martingoa), 4) Pello Meoki (Lartxea), 5) Florentino Elizegi (Beheitikoxarrea), 8) Pakito Elizalde (Inda) et 9) Martin Jose Iturriria (Ortiborroa). Il s’agit, dans l’ensemble, de jeunes danseurs.
Le groupe de mutil-dantzari fait preuve d’une grande rigueur, tant dans la tenue vestimentaire que dans l’exécution des danses. Sans doute informés de la réalisation du film, les danseurs s’étaient-ils préalablement entraînés, et certainement pas qu’un peu. Mariano Izeta aurait probablement assuré leur préparation. On le voit danser en sixième position à 02:14. Son épouse Gabriela Goñi (Etxegaraia) était originaire de Lekaroz. C’est précisément à ce moment-là que survient un épisode amusant, qui vient rompre l’homogénéité du groupe (02:37). Un dernier mutil-dantzari, plus âgé, rejoint les danseurs. Son style est plus libre et il prend place tout au bout du rang, à l’emplacement normalement réservé à un Danbolin-nagusi. On l’invite alors à avancer dans le rang (02:41). À ce moment du film, le groupe de mutil-dantzari compte 17 danseurs.
Dans la manière de danser des mutil-dantzari, on remarquera notamment que, lorsqu’ils marquent le pas avec un Ezker, ils effectuent le mouvement de fermeture vers l’intérieur du cercle, sans trop prolonger le tour. - 03:14 - Un peu plus loin, on les voit danser Xoxoarena. Dans ces images, les fonctions des Danbolin-nagusi sont moins clairement identifiables, ou du moins, ceux-ci ne portent pas de béret (03:37). Xoxoarena fait partie des mutil-dantza dites "à points". Cela signifie que, dans l’enchaînement des pas, certains mouvements sont marqués à des moments précis de la danse.
À chaque reprise de la phrase musicale, le nombre de points augmente. Dans ces images, les danseurs exécutent une séquence de quatre points :
- Erdie piketue, quatre points (G), Erdie piketue, quatre points (A) (X2)
- Aintzinet pasa (bg), Ezker, quatre points (G), Gibelat pasa, Eskuin, quatre points - 04:06 - Ils exécutent ensuite également une variante à cinq points et, dans les plans qui suivent, on les voit aussi réaliser des phrases descendantes.
- 05:28 - On les voit ensuite danser Añarxume. Voici l’enchaînement des pas de cette mutil-dantza :
- Ebatsi, Osua bixi, Ebatsi, Puntu (1, 2, 3, 4, 5, 4, 3, 2, 1) (x2)
- Ebatsi, Osua bixi, Ebatsi
- Aintzinet pasa, avec un Ezker (à la 9ème reprise, avec Ezker et Hiru), Gibelat pasa, avec un Eskuin, Puntu (1, 2, 3, 4, 5, 4, 3, 2, 1)
- 6:57 - Enfin, on les voit danser la montée de Xerribegi. On sent que tous les danseurs n’avaient pas préparé l’ensemble des mutil-dantza avant les fêtes : le nombre de participants diminue progressivement d’une danse à l’autre et, par ailleurs, le groupe a quelque peu perdu la rigueur et l’homogénéité qui le caractérisaient au début.
En savoir plus
- Fonds audiovisuel Guilcher - 025. Les "Mutil-dantza" à Lekaroz (1965)
- Analyse des images et rédaction : Aritz Ibañez - Euskokultur Fundazioa.- avec l'aide des informateurs suivants : Patxi Larralde Elizalde (Etxeberria, Arizkun), Mari Carmen, les soeurs Mari Paz et Ana Mari Goñi Agirre (Elizaldea, Lekaroz) et Txarito Iturriria Goñi (Ortiborroa)
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Au cours de l'hiver 2008, Xabier Itzaina se rend à deux reprises au domicile de Jean-Marie et d'Hélène Guilcher à Meudon. Le site Dantzan.eus a publié des extraits de ces deux entretiens informels avec le chercheur breton. Ils contextualisent les enquêtes de terrain réalisées en Pays Basque.