Fête-Dieu : sauts basques - Iholdy (1972)

Ces images ont été filmées par Hélène et Jean-Michel Guilcher dans le village d’Iholdy, en Basse-Navarre, lors de la célébration de la Fête-Dieu de 1972.
Fête-Dieu : sauts basques - Iholdy (1972)
Fête-Dieu : sauts basques - Iholdy (1972) © Fonds Jean-Michel Guilcher

Si, dans le précédent extrait filmé publié avec ces images de cette fête, on voyait principalement le défilé de la procession de la Fête-Dieu, cette fois-ci, une fois les marches et les défilés terminés, ce sont des sauts basques et des fandangos dansés spontanément, dans une ambiance détendue et informelle, qui sont présentés.

Fête-Dieu : sauts basques - Iholdy (1972) - Remarque : il s'agit d'un film muet.

 

  • 00:22 - Le groupe se détend après la procession. Le porte-bâton, les soldats de l'autel et les musiciens partagent un verre, tandis que quelques enfants se mêlent aux adultes.
  • 00:24 - Plusieurs sapeurs, casque retiré, ainsi que plusieurs musiciens exécutent un saut basque. La suite de pas que l'on distingue est la suivante : "zote - erdizka - dobla - erdizka - ezker - erdizka ". On peut donc en déduire qu'il s'agit de Mutxiko.
    Ce qui retient le plus l'attention, c'est que presque aucun danseur n'exécute les pas de la même manière. Les sapeurs réalisent des pas plus ornés, tandis que les musiciens adoptent une danse plus sobre. Tous exécutent toutefois le Zote - ou Jo - et le Dobla selon la manière d'Iholdy. C'est à dire que la première partie du pas est effectuée en kontrapas, en maintenant la suspension sur le quatrième temps, puis la seconde est terminée de la façon habituelle. Certains sapeurs enrichissent encore davantage le mouvement en ajoutant un tour à la fin de ce premier kontrapas.

    Il existe également une diversité dans l’exécution de l’erdizka. Certains l’effectuent en avançant par petits pas glissés (urraska). On en verra notamment un exemple avec l’un des sapeurs apparaissant au premier plan. D’autres, au contraire, marquent le premier temps de l’erdizka par un appui frappé (pikatu), comme cela se fait habituellement dans les Antrexatak ou les Euskaldunak. On peut également observer une troisième manière de l’exécuter : le sapeur qui, au début, réalisait les premiers temps en urraska, termine le dernier erdizka en sautillant.
    Un magnifique aperçu de la diversité des variantes de pas, en moins de quinze secondes.
  • 00:39 - Le plan change et deux soldats de l'autel apparaissent au premier plan. En raison de la position de la caméra - la même que précédemment -, on pourrait penser qu’ils dansent encore les Mutxiko. Ils exécutent la suite "Dobla - erdizka - erdizka", mais le plan est rapidement coupé.
  • 00:43 - Cette fois-ci, un plan de détail nous montre les pieds des soldats de l'autel ainsi que ceux d’une femme. La courte succession de pas que nous révèlent les images est la suivante : "Erdizka eta hiru - erdizka lauetan". Il est intéressant de noter que la plupart des danseurs réalisent l’ornement "eta hiru" en le marquant de trois frappes (pikatu), tandis que l’un d’entre eux le termine en ne frappant que deux fois et en ajoutant un saut.
  • 00:56 - Le plan change à nouveau, mais les images nous proposent encore un plan de détail sur les pieds. Les soldats de l'autel et la femme exécutent le passage "erdizka bietan - dobla - erdizka". Quelqu’un passe devant la caméra et le plan est coupé. La même chose se produit une seconde plus tard. Cette petite séquence se termine en montrant la même succession de pas : "erdizka - dobla - erdizka".
  • 01:13 - Le plan est plus large cette fois-ci. Dans les rues d’Iholdy, on voit deux sapeurs et le porte-bâton avancer de manière informelle, accompagnés de quelques enfants. Très vite, le caméraman nous montre un détail du porte-bâton. Celui-ci s’amuse à faire tournoyer son bâton tout en marchant, pour le plus grand plaisir des enfants qui l’entourent. Lorsque le plan s’élargit, on peut voir que les sapeurs précédents sont formés en binômes et que l’ensemble du cortège rejoint la place du fronton au rythme de la marche.
  • 01:22 - Le plan se déroule sur la place du fronton. Le groupe, avec les coqs en tête, puis les sapeurs et le porte-bâton derrière eux, prend place en cercle sur la place, en continuant à avancer au rythme de la marche. Les musiciens arrivent derrière. Le nouveau plan nous montre le porte-bâton dans son rôle de chef de tambour, dirigeant avec son bâton la mélodie jouée par les musiciens, comme dans les tamborrada, avec, il faut bien le reconnaître, un mouvement de bâton plus riche et plus élaboré.
  • 01:37 - Un plan large nous montre un grand groupe de personnes dansant en cercle autour des participants en costume. Ils dansent sur la place du fronton, à l’ombre des deux maisons qui s’y trouvent. Un plan plus rapproché nous permet de voir à nouveau qu’il s’agit de Mutxiko. On les voit exécuter les deux dernières répétitions du pas Lau urrats lauetan, puis ils enchaînent avec un pika et un erdizka dans chaque direction. Les soldats de l'autel, certains musiciens, les coqs et les sapeurs apparaissent en train de danser. La richesse des variantes de pas déjà observée apparaît une nouvelle fois ici : certains dansent en urraska, d’autres avec davantage de sauts.
  • 01:54 - La caméra s’attarde sur deux des musiciens. Le premier, le plus jeune des deux,  exécute les erdizka de manière plus sautée et les dobla en tournant sur lui-même, par exemple. L’autre adopte une manière de danser plus sobre.
  • 02:25 - Le danseur sauteur attire l’attention du caméraman, qui nous offre dans les secondes suivantes un plan de détail sur ses pieds. "Zote eta hiru - erdizka - dobla - erdizka (x2) - erdizka lauetan - zote - zote eta hiru ". Il exécute les dernières séquences du Muxiko. Certains erdizka sont frappés et sautés, d’autres réalisés en urraska ; les zote sont, bien entendu, exécutés à la manière d’Iholdy, mais avec des tours. Les dobla, en revanche, sont réalisés sans rotation. Toute une palette de pas exprimée par deux seuls pieds.
  • 02:58 - "Zote eta hiru - erdizka - dobla eta hiru - erdizka". Une fois encore, les pieds des sapeurs et des soldats de l'autel nous sont montrés, révélant une extraordinaire diversité et richesse dans l’exécution des pas.
  • 03:09 - Un plan plus large nous montre la fin de la danse. "Ezker - eskuin - jo - erdizka - eskuin - ezker - jo - erdizka". Il s’agit de la fin du du saut de danse Ahuntxa. Tous terminent le saut basque en effectuant un saut sur le dernier temps du dernier erdizka.
  • 03:23 - Un plan plus général nous montre l’ensemble du groupe en train de danser dans un autre endroit du village. Ils dansent Hegi. "Pika bietan - ebats - pika bietan - ebats". Lorsqu’ils commencent à danser le erdizka lauetan, l’un des sapeurs orne les pas des deux premiers temps et effectue des sauts à la place du korta. De l’autre côté, l’un des coqs termine le pas de la même manière.
  • 03:52 - Des images de la place. Le groupe est filmé de plus près et, cette fois-ci, les participants en costume ne sont pas les seuls à danser : les habitants du village participent également, hommes comme femmes. Il ne nous est pas facile d’identifier le saut dansé, car certains danseurs se trompent, mais il nous semble qu’ils exécutent la succession suivante :

    - Zote (à la manière d'Iholdy) - erdizka eta hiru - eskuin (x2)
    - Pika eta erdizka (x4)
    - Zote, erdizka…

Si cette identification est correcte, cette succession correspond au Lapurtar Motxak, dans lequel on retrouve cette même combinaison de pas.

  • 04:24 - Le plan est coupé et les images nous montrent un autre passage de sauts. Il nous semble pouvoir identifier la succession suivante :
    - Jauzi eta hiru (x4)
    - 4etan erdizka
    - Ezker, eskuin, ezker eta hiru…

On pourrait considérer qu’il s’agit d’une variante spécifique du Lapurtar Motxak, dérivée de la version traditionnelle de celui-ci.

- Zote eta hiru, erdizka eta hiru, dobla eta hiru, erdizka eta hiru
- Erdizka lauetan
- Ezker, eskuin, ezker hiru, erdizka eta ezker…

Les ornements de pas réalisés par certains danseurs sont magnifiques.

  • 04:53 - Laissant de côté les sauts, les participants en costume comme les habitants du village commencent à danser le fandango. Un groupe de cinq danseurs apparaît d’abord, puis d’autres personnes viennent peu à peu rejoindre le cercle de danse. Ils exécutent un puntapio ; le plan est coupé et on les retrouve en train d’effectuer des rotations. Ensuite, avec le baltseo, ils avancent vers leur droite, certains en avançant, d’autres en reculant, d’autres encore en tournant… Le plan se termine sur cette impression de va-et-vient.
  • 05:26 - Des plans plus rapprochés permettent d’observer les détails de l’exécution des pas : le baltseo, les tours, les déplacements d’avant en arrière, le puntapio

En savoir plus

  • Fonds audiovisuel Guilcher - 019. Fête-Dieu : sauts basques - Iholdy (1972)
  • Analyse des images et rédaction : Aritz Ibañez - Euskokultur Fundazioa.

Le dépôt du fonds audiovisuel de Jean-Michel et Hélène Guilcher par leurs enfants auprès de l'Institut culturel basque et de l'association Dantzan constituait une opportunité pour restituer ce trésor aux amoureux de la danse basque. C'est pourquoi l'ICB et Dantzan ont ensemble cofinancé les travaux de recherche et de rédaction préalables à sa diffusion.