Pierre Üthürry et Alexis Picochet - Barcus (1963)
Pierre Üthürry (1892-1975) et Alexis Picochet (1891-1982) sont deux maîtres à danser de grande réputation, parmi les plus influents du XXe siècle, particulièrement durant la période d’entre-deux-guerres.
Pierre Üthürry et Alexis Picochet - Barcus (1963) - Remarque : il s'agit d'un film muet.
Tous deux furent d’abord de remarquables danseurs et élèves du célèbre Martin Hégobürü-Héguiphal jusqu’à la première guerre mondiale.
Hégobürü est considéré par beaucoup comme le père de la danse souletine moderne. Maître de danse au 81e régiment d’infanterie à Montpellier, il eut une grande influence dans l’évolution de la danse locale et notamment dans le phénomène d’introduction de la technique enseignée au sein des régiments de l’armée française, dans les danses des mascarades et des pastorales à la charnière du XIXe et du XXe siècle.
Avant Hegobürü, le village de Barcus connaissait déjà plusieurs écoles de danse réputées. D’après Jean-Michel Guilcher, Jean Goieneix à Gastelondo et Saphouila, au bourg, faisaient alors autorité. Les jeunes désirant se perfectionner allaient parfois à Esquiule chez un certain « Espelette » (La tradition de danse en Béarn et pays basque français - p. 308). Hegobürü enseigna jusqu’à la première guerre mondiale et s’appliquant tout particulièrement à maintenir le style et la rigueur qui lui avaient été enseigné au régiment. Lorsque Üthürry et Picochet prirent la suite de leur maître, ils amenaient alors la technique locale sur un plan plus athlétique, changeant ainsi l’esthétique de la danse souletine :
"Aussi longtemps que qu’Hegobürü à enseigné il a imposé à Barcus le style mesuré qu’il tenait de la pratique militaire. Cela en dépit des sollicitations de la jeunesse qui brûlait de se signaler par des effets plus spectaculaires. Quand Pierre Uthürry et Alexis Picochet entre les deux guerres ont pris la suite de leur maître, les aspirations longtemps contenues se sont donné libre cours. Sans concession importante quant au dessin, des mouvements et l’exactitude des positions, le style a évolué dans le sens de l’ampleur, de l’élévation et de la performance athlétique". (La tradition de danse en Béarn et pays basque français - p. 313)
Lorsque ces images ont été filmées, les deux maîtres sont âgés de plus de 70 ans. Faute de pouvoir danser des points de principes, ils interprètent deux sauts. D’abord Aintzina pikha puis ensuite Ostalerrak. Ils terminent en détaillant individuellement certains pas entrant dans la composition des sauts. En l'occurrence, Ezker/ eskuin, zeina, biga, Simple/doble, Pika, et ebats.
En savoir plus
- Fonds audiovisuel Guilcher - 011. Pierre Üthürry et Alexis Picochet - Barcus (1963)
- Analyse des images et rédaction : Jon Iruretagoyena - Maritzuli konpainia.
Le dépôt du fonds audiovisuel de Jean-Michel et Hélène Guilcher par leurs enfants auprès de l'Institut culturel basque et de l'association Dantzan constituait une opportunité pour restituer ce trésor aux amoureux de la danse basque. C'est pourquoi l'ICB et Dantzan ont ensemble cofinancé les travaux de recherche et de rédaction préalables à sa diffusion.
Le dépôt du fonds audiovisuel de Jean-Michel et Hélène Guilcher par leurs enfants auprès de l'Institut culturel basque et de l'association Dantzan constituait une véritable opportunité pour restituer ce trésor aux amoureux de la danse basque. Partant de ce constat l'ICB et Dantzan ont construit un partenariat afin de cofinancer les travaux de recherche, de rédaction et de mise en ligne préalables à sa diffusion.
Au cours de l'hiver 2008, Xabier Itzaina se rend à deux reprises au domicile de Jean-Marie et d'Hélène Guilcher à Meudon. Le site Dantzan.eus a publié des extraits de ces deux entretiens informels avec le chercheur breton. Ils contextualisent les enquêtes de terrain réalisées en Pays Basque.