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De la transmission de la culture basque à l’école

09/09/2011

Histoire des Arts, Développement Durable, Enseigner le Pays Basque… de nouvelles disciplines et de nouveaux dispositifs sont entrés très récemment au sein des programmes et des établissements scolaires. La culture basque tente elle aussi son entrée dans les écoles et les collèges du pays basque nord. Estelle Carricondo, étudiante en Géographie-Aménagement des Territoires, nous présente ses propositions après ses quatre mois de stage à l’Institut Culturel Basque.

Comment se situe votre travail dans le programme Hogei’ta ?

On peut d’abord rappeler que Hogei’ta est un programme d’actions destiné à soutenir les projets initiés par les jeunes avec une double visée : la création artistique d’une part et la transmission culturelle d’autre part. La première concerne les jeunes de plus de 15 ans et consiste à initier chez eux l’envie ou l’opportunité de créer c’est-à-dire de divulguer leur propre conception de la culture basque. La seconde est destinée aux jeunes âgés entre 8 et 15 ans dans le cadre scolaire, avec l’envie de leur apporter un enseignement sur leur culture et leur environnement culturel qui constituent leur quotidien et modèlent leur vision du monde : pourquoi les maisons sont-elles blanches et rouges ? Pourquoi les panneaux de signalisation sont-ils en deux langues ? Et ailleurs, comment c’est ? Pouvoir répondre à des questions parfois simples, parfois plus complexes : quelles ont été les influences artistiques du sculpteur basque Oteiza ? Qui sont aujourd’hui les artistes, les artisans basques qui façonnent le patrimoine de demain ? De quelle manière ? La mission que m’a confiée l’I.C.B. s’inscrit dans cette seconde visée. Elle appelle à s’interroger sur les outils, les mécanismes mobilisables et nécessaires à l’enseignement des fondamentaux culturels basques.

On a l’impression que ce travail s’inscrit dans une échéance à long terme…

Oui, tout à fait. On peut peut-être dire tout simplement que ce travail fait l’objet d’un stage universitaire d’une durée de quatre mois entrecoupé de la période estivale. Il a débuté en avril et se terminera à la fin du mois de septembre 2011. Mais effectivement, dans son essence même, ce projet envisage de prolonger son action au-delà de cette durée. Car dès les prémices de l’étude s’est posée la question du rôle de l’I.C.B. : doit-il proposer un outil ponctuel avec des actions sporadiques ou au contraire accompagner les enseignants années après années ? Le choix d’accompagner les enseignants sur le long terme est apparu plus pertinent d’autant qu’il répond au but de l’I.C.B., à savoir le développement et le rayonnement de la culture basque.

Mais quel est le but pour l’I.C.B. de participer à un tel projet ?

Ici le but de l’I.C.B. reste sensiblement identique. Ce projet ambitionne de développer l’enseignement de la culture basque au sein des systèmes bascophone, bilingue, francophone et de permettre son rayonnement sur l’ensemble du Pays Basque nord. Il est vrai que pour la première année et pour des raisons pratiques le terrain d’étude a été restreint au territoire de la Communauté de communes Errobi. C’est un choix stratégique car ces communes se situent pour certaines dans un espace à dominante urbaine, pour d’autres dans un espace à dominante rurale, pour d’autres enfin dans un espace intermédiaire ou périurbain. Ce territoire nous a donc permis de travailler diverses problématiques comme celles de la mobilité, de l’accessibilité aux structures de diffusion et de production culturelles… et a révélé deux enjeux importants. Un premier enjeu consisterait ainsi à réduire les écarts de savoir au sein des différents systèmes d’enseignement. Un second enjeu consisterait à réduire les « disparités territoriales » en termes de mobilités et d’accès à l’information ainsi qu’aux lieux culturels.

Ce projet relève de compétences multiples. On imagine que vous avez dû faire appel à de nombreux partenaires…

C’est vrai, mais il faut tout de même préciser que les premiers partenaires de l’I.C.B. sont certainement les enseignants eux-mêmes. Ils sont à la fois demandeurs, élaborateurs, utilisateurs des outils qui seront mis en place. Mais nous avons envisagé de nombreux autres partenariats dans les domaines de l’éducation, de la culture et du développement territorial avec l’envie de mutualiser les compétences, de confronter les points de vue et les expériences de chacun, de renforcer les connaissances communes.

Au terme de cette étude, quels outils l’I.C.B. propose-t-il de mettre à la disposition des enseignants ?

Comme je l’ai évoqué auparavant, nous nous sommes beaucoup concentrés sur la réduction des « disparités territoriales » et notamment sur les coûts liés à l’éloignement des pôles ruraux et urbains pour certains établissements scolaires. Et c’est la raison pour laquelle nous avons axé le projet sur les nouvelles technologies et le matériel dont disposent les enseignants dans les classes. Concrètement, le projet s’articule autour d’un espace virtuel de ressources rassemblant des informations en termes de savoir culturels et scientifiques ainsi que des outils de connaissance numériques.

C’est un projet ambitieux. Pouvez-vous nous en dire davantage sur prochaines échéances ?

Nous envisageons de présenter plus précisément ce projet lors d’une réunion dans le courant du mois de septembre au monde de l’enseignement. Elle permettra d’abord de confronter les points de vue des différents acteurs présents. Elle permettra ensuite de voir si nous sommes sur la bonne voie ou dans quelle mesure nous devrons recadrer notre projet. Enfin, elle nous aidera à lancer les premières actions du projet, tout en définissant le rôle de l’I.C.B. et des différents partenaires de ce projet.

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