Pastorale "Etxahun koblakaria" - Barcus (1962)
Les 5 et 12 août 1962, une pastorale fut organisée en l'honneur du poète et improvisateur Pierre Topet Etxahun (1786-1862), originaire de la commune de Barcus. Ces images ont prises à cette occasion.
Pastorale "Etxahun koblakaria" - Barcus (1962) - Remarque : il s'agit d'un film muet.
- 00:23 - Pour commencer, les images nous présentent le village et nous pouvons immédiatement voir le défilé de la Pastorale. On pourrait dire que la parade dans les rues a plus de faste que dans les pastorales actuelles. On pourrait aussi appeler cela une cavalcade, car les acteurs sont à cheval ou sur des chars, à l’exception des bergers. Les musiciens arrivent d’abord sur un char, et les porte-drapeaux à cheval agitent les drapeaux de la Soule et de la France (on verra aussi plus tard le drapeau basque, l’ikurriña). Le sujet (le rôle de Pierre Topet Etchahun, joué par Pierre Xerbero) et son épouse (Gracie Pellento, interprétée par Raymond Epher) apparaissent eux aussi à cheval. Derrière eux viennent les soldats, celui qui joue le rôle du maire du village (Pierre Etxebarne) et d’autres acteurs vêtus de vestes rouges. Puis arrivent les bergers, à pied, avec leur troupeau de moutons. Satan prend place dans un char décoré tiré par des bœufs. Le prêtre, l’archevêque et les anges sont dans un autre char tiré par des chevaux… Le défilé progresse dans la rue principale jusqu’à la place du village sous le regard des habitants.
- 01:53 -Le groupe est en train d’arriver sur la scène. Les musiciens d’un côté et le régent (Germain Lexardoi) de l’autre. Les acteurs suivent derrière, avec les porte-drapeaux, le Suisse et les autres comédiens. Les bleus vont d’un côté et les rouges de l’autre.
- 02:05 - Dans une scène, Etxahun et sa fiancée apparaissent. Celle qui joue le rôle féminin ne tient pas de bâton à la main.
- 02:19 - Les satans sont en train de danser. Dans cette pastorale, Jean-Louis Estecahandy "Lulu Ibar", Jean Pierre Uthürri, Dominika Lagune et Alexis Artzanuthurri jouaient les rôles des satans. Ici, on voit danser Jean Pierre Uthürri (Barcus, 1928) et Alexis Artzanuthürri (Barcus, 1923). Leurs maîtres de danse, Alexis Pikotxet (1891) et Pierre Uthürri (1892) les avaient désignés pour interpréter les rôles des satans dans cette pastorale, car, bien qu’ils aient alors 34 et 39 ans, ils étaient apparemment plus habiles que certains danseurs plus jeunes.
Même si le film ne montre pas toutes les parties des danses, on les voit ici exécuter la danse double des satans, ce qui signifie qu’ils dansent une succession de deux figures organisées selon une structure musicale de type AA/BB.
La première partie de la figure, qui avance et recule, n’apparaît pas entièrement, mais sa répétition, elle, est bien visible.
- Pas Francais - Zeina
- Zankogibel - Frejat bakun
Quant aux déplacements latéraux, ils exécutent la figure suivante: Entrexat - tombé (x4)
La deuxième figure n’apparaît pas entièrement. Il est intéressant de remarquer qu’ils exécutent le pas appelé Kokot urratsa, qui a longtemps été une tradition importante à Barcus, au tout devant de la scène.
- 02:50 - Nous pouvons voir les entrées et les jeux de plusieurs autres scènes de la pastorale. Des images des deuxième et troisième scènes apparaissent. On y voit notamment la mort de l’âme d’Etxahun de Barcus, lorsqu’il doit renoncer à l’amour de sa bien-aimée Maria.
- 3:46 - La quatrième danse basque se déroule à Sainte-Engrâce et les bergers apparaissent sur scène en laissant une image saisissante. L’un des bergers commence à danser avec des sabots aux pieds.
- …biga, beste biga, ebats.
- sinple (4 fois) — Il danse en exécutant un Fouetté brisé.
L’image est coupée pendant un instant. Dans le nouveau plan, le berger continue de danser:
- …sinple — En exécutant un Fouetté brisé
- pika, sinple, pika, hiru entrexat
- 4:15 - Nous pouvons ensuite voir d’autres scènes de la pastorale, précisément les images de la septième et de la huitième. L’histoire de ces deux scènes est assez singulière. La femme d’Etxahun l’a trompé avec un autre homme. Déguisé en prêtre, Etxahun entend alors la confession de sa propre épouse.
- 4:36 - Une autre apparition de la satanerie. Dans ce cas, le danseur que nous avons vu est Jean-Louis Estecahandy "Lulu Ibar". Une fois encore, selon une structure musicale de type AA/BB, le danseur exécute une variation composée de Pas français, de Zeina, d’Entrexat et de Pas de brisé, effectués en alternant vers la droite et vers la gauche.
- 4:57an - Le quatrième satan apparait, avec une variation composée de Zeina et d’Entrexat. Il termine également par un Frejat double, juste avant que la caméra ne perde le plan.
- 05:08 - Nous pouvons ensuite voir les images des 11e et 12e scènes de la pastorale. Dans cette 12e scène, la "satanerie" réapparaît sur scène (5:33). Les danseurs sont à nouveau Jean-Pierre Uthurri et Alexis Artzanuthurri. Le film nous montre les pas en avant du passage de Satan : Kokoten aurrerako urratsa, Pas Francais, Zeina, Entrexat, Fouetté brisé… Il s’agit d’un court extrait filmé de moins de dix secondes.
- 05:44 - Nous pouvons ensuite voir des plans du public et d’autres images de la pastorale.
- 06:19 - Dernières variations de la "satanerie". Cette fois encore, ils exécutent un double satan. Le premier apparaît toutefois coupé.:
- …Zeina, Kokot, Frejat double
- Vers les côtés : Entrexat brisé (x4)
Le second satan commence ainsi :
- Vers l’avant : Pas français, Entrexat. En revenant avec un Entrexat, Frejat bakun (x2)
- Vers les côtés : Tombé, brisé, Entrexat simple.
Mais le plan est immédiatement coupé, et l’on voit le danseur exécuter un dernier enchaînement. Zankogibel et deux Frejat doubles sur place, pour conclure.
- 6:58 - Le film se termine avec les images de la 20ème scène de la pastorale, lorsque les bergers montent sur scène avec le troupeau.
En savoir plus
- Fonds audiovisuel Guilcher - 013. Pastorale "Etxahun koblakaria" - Barcus (1962)
- Analyse des images et rédaction : Aritz Ibañez - Fondation Euskokultur.
Le dépôt du fonds audiovisuel de Jean-Michel et Hélène Guilcher par leurs enfants auprès de l'Institut culturel basque et de l'association Dantzan constituait une opportunité pour restituer ce trésor aux amoureux de la danse basque. C'est pourquoi l'ICB et Dantzan ont ensemble cofinancé les travaux de recherche et de rédaction préalables à sa diffusion.
Le dépôt du fonds audiovisuel de Jean-Michel et Hélène Guilcher par leurs enfants auprès de l'Institut culturel basque et de l'association Dantzan constituait une véritable opportunité pour restituer ce trésor aux amoureux de la danse basque. Partant de ce constat l'ICB et Dantzan ont construit un partenariat afin de cofinancer les travaux de recherche, de rédaction et de mise en ligne préalables à sa diffusion.
Au cours de l'hiver 2008, Xabier Itzaina se rend à deux reprises au domicile de Jean-Marie et d'Hélène Guilcher à Meudon. Le site Dantzan.eus a publié des extraits de ces deux entretiens informels avec le chercheur breton. Ils contextualisent les enquêtes de terrain réalisées en Pays Basque.