Zapat(h)ari, projet anthropologique et artistique sur l’industrie de la chaussure de Hasparren

29/11/2019

Dans le cadre du label "Ethnopôle basque", l’Institut culturel basque et l’École des Hautes Études en Sciences Sociales ont choisi de questionner prioritairement le rapport "Patrimoine - Création". En partenariat avec le Centre culturel Clarenza, le projet de résidence partagée chercheurs/artistes intitulé Zapat(h)ari conjugue sciences et art autour du passé industriel d'Hasparren.

Zapat(h)ari, projet anthropologique et artistique sur l’industrie de la chaussure de Hasparren

Le label "Ethnopôle basque", octroyé le 12 janvier 2017 et pour une durée de quatre ans au consortium formé par l’Institut culturel basque (ICB) et l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS), apporte une reconnaissance au travail mené par les deux structures pour valoriser le patrimoine culturel immatériel du Pays Basque et enrichir la recherche dans ce domaine.

L’ICB mène en effet depuis 2007 un important travail de collecte de la mémoire orale à travers le programme Eleketa. Cette collecte l’a amené à s’interroger, avec l’EHESS, sur la relation existant entre ce matériau culturel immatériel et la création basque contemporaine. Le rapport "Patrimoine - Création" est ainsi devenu le thème-phare exploré par l’Ethnopôle basque depuis maintenant plusieurs années, sous divers angles et avec différents partenaires.

Le fonds Eleketa constituant une ressource de grand intérêt pour les chercheurs mais aussi pour les créateurs, l’angle choisi en 2019-2020 est celui d’une résidence partagée prenant appui sur les témoignages recueillis à Hasparren en 2011 autour de l’industrie de la chaussure.

Le Centre culturel Clarenza, bastide de l’oralité, œuvre pour la mise en valeur des patrimoines matériels, immatériel et environnemental. Il a été constitué sous la houlette de la compagnie LagunArte, soutenu par la commune de La Bastide-Clairence. Il interroge les connexions territoire et habitants, et ce, par l’expérimentation artistique partagée entre artistes et habitants. Il donne libre cours à l’individu : ce qui le constitue et ce qui lui permet de se situer dans la société, ici et maintenant.

C'est dans cette perspective que l'Ethnopôle basque et le Centre culturel Clarenza coopèrent, en conjuguant sciences et art autour de l'histoire de l’industrie de la chaussure de Hasparren.

L'objectif de cette aventure est d’écouter les résonances entre le passé industriel et le Hasparren actuel, d’identifier les fils invisibles qui circulent entre hier et aujourd’hui.

Pour ce faire, trois approches croisées, différentes, complémentaires, se succéderont voire se superposeront lors des prochains mois :

  • L’anthropologue Aitzpea Leizaola analysera les témoignages collectés puis questionnera les traces que cet important épisode a laissé dans le Hasparren d’aujourd’hui. Comment ce passé s’intègre-t-il dans le présent et jusqu’à quel point le modèle-t-il ?
  • Le photographe Polo Garat, en résidence à Hasparren, posera son objectif sur l’héritage laissé par l’industrie de la chaussure dans la société hazpandar qu’il interrogera, lui aussi, à sa manière.
  • Le compositeur Juan Carlos Perez apportera son interprétation musicale du sujet à partir des matériaux sonores issus des collectages et, pour clore cette aventure, la partagera avec des musiciens.

Trois grands rendez-vous jalonneront cette résidence partagée (hiver 2019, été et automne 2020).

Le premier est prévu le jeudi 19 décembre prochain à 19h au restaurant Les Tilleuls de Hasparren. Aitzpea Leizaola proposera une première lecture anthropologique des témoignages recueillis sur Hasparren dans le cadre du programme de collecte Eleketa avec une conférence intitulée L’industrie de la chaussure de Hasparren à travers les témoignages oraux. Polo Garat partagera quant à lui quelques-uns de ses premiers clichés.

Cette soirée est le point de départ d’un projet participatif qui se développera avec les habitants de Hasparren de décembre à septembre 2020.

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