Maddi Ane Txoperena

Maddi Ane Txoperena

"Les médias ne sont pas que de simples moyens de communication, ils sont aussi des outils capables de créer des discours, une réalité"

  • LaukitikAt
  • 20/04/2020
  • Langue Basque

Maddi Ane Txoperena (Hendaye, 1994) connaît bien les bords de la Bidassoa. Depuis son plus jeune âge, elle va et vient de Hendaye à Lesaka tissant des liens naturels entre les deux rives. Vous avez sûrement déjà vu le nom de cette jeune journaliste dans les pages du quotidien Berria, ou sur les affiches de bertsolari. Dorénavant, on pourra aussi lire son nom sur les étagères des librairies. Elle nous parle ici de son premier roman, de journalisme et de l’importance qu’ont les mots dans sa vie.

Face au public ou une plume à la main, vous aimez jouer avec les mots.

Oui, c’est vrai. L’écrit est généralement plus présent dans mon esprit, j’ai toujours eu l’impression d’être plus maladroite à l’oral. Avec mes camarades, nous avons commencé l’école de bertsolarisme très jeune et j’ai très vite pris goût à jouer avec les mots. Pour nous, c’était d’abord un espace ludique où nous allions nous amuser entres amis. Puis, j’ai toujours aimé écrire ; jusqu’à aujourd’hui, j’écrivais juste pour moi, mes petites histoires, cela m’aidait beaucoup dans mon quotidien. Il m’est aussi arrivé d’écrire de la fiction, mais sans jamais donner mes écrits à lire. Alors oui, on peut dire que j’aime jouer et créer avec les mots.

Vidéo de l'entretien (en basque)

Maintenant vous faites le saut vers la littérature.

J’ai toujours aimé la fiction. Il y a longtemps de cela, j’ai eu écrit des contes et des narrations courtes, mais jusqu’à présent, je n’ai jamais eu l’occasion ou je n’ai jamais eu envie de les publier. Je préférais les envoyer à mes amis. Mais depuis un certain temps, j’avais envie d’écrire un récit plus long, autour d’une idée qui me trottait dans la tête depuis longtemps. Lorsqu’on m’a parlé de la possibilité de me présenter pour tenter de gagner la bourse Gazteluma, j’ai foncé. Très peu de jeunes s’étaient inscrits, voire aucun, et ils cherchaient des personnes qui pouvaient être intéressées. J’ai donc décidé de sortir mon idée du tiroir, j’ai présenté un projet en quelques lignes et j’ai remporté la bourse. Cela m’a permis de mener à bien mon projet d’écriture, ce que j’ai fait durant cette année écoulée.

Très jeune, j’ai commencé à ressentir différentes sortes de répressions, tout d'abord, par le simple fait de parler en basque.

Pour expliquer l’idée de ce roman, il faut savoir que je suis à moitié hendayaise et à moitié de Lesaka ; j’ai de la famille dans la comarque de Bortziriak et des proches m’ont raconté que dans les années entre 1940 et 1960, les femmes de la région du Baztan et de Bortziriak allaient travailler en tant que servantes en Pays Basque nord ou en France jusqu’à Paris, comme ce fut le cas de ma grand-mère qui travailla à Saint-Jean-de-Luz. J’ai toujours été très proche d’elle et elle me racontait un tas d’histoires à ce sujet dès mon plus jeune âge ; je trouvais dommage de ne pas préserver ces récits. Ma première intention fut de faire un travail anthropologique sur le sujet mais je n’y arrivais pas. Je savais que ma grand-mère et d’autres femmes ne seraient pas très motivées pour participer à une étude de ce genre. J’ai donc décidé de me diriger vers un roman. Le personnage principal de mon livre est une jeune fille de Saint-Jean-de-Luz qui s’appelle Marie ; elle fait ses études à Paris lorsqu’elle découvre que sa grand-mère travaillait comme bonne à tout faire. Elle décide d’en savoir plus et c’est donc ce va-et-vient, entre l’histoire de cette grand-mère et le présent de Marie que je raconte dans mon livre.

Vous avez aussi suivi des études d’anthropologie.

J’avais 17 ans lorsque j’ai découvert l’anthropologie et j’ai tout de suite eu une certitude que c’était ce que je voulais étudier. Mais à l’époque j’ai abandonné cette idée, il est vrai que l’on ne m’a pas trop poussé dans ce sens. À cet âge, on vous demande pourquoi l’anthropologie, quel métier vous aurez avec ça... Ce sont ces pressions externes qui m’ont fait reculer à l’époque et m’orienter vers des études de langue basque, mais j’ai vite réalisé que ce n’était pas pour moi. Puis, après avoir passé quelques années comme journaliste, l’idée d’étudier l’anthropologie était toujours présente dans mon esprit et j’ai donc enfin décidé de m’inscrire. Pourquoi cet intérêt ? Parce que je trouve que l’approche anthropologique offre une étude de la société très intéressante, c’est un outil qui propose une bonne analyse des fonctionnements de base de la société. L’anthropologie se concentre sur des exemples concrets, elle met en avant les « petits » événements de la société pour mieux analyser et expliquer les facteurs qui permettent de comprendre ce qu’il se passe derrière cela. J’aime beaucoup cette méthode de travail.

Vous gardez tout de même un pied dans le monde de la presse.

Les médias ne sont pas que de simples moyens de communication, ils sont aussi des outils capables de créer des discours, une réalité.

J’ai débuté très jeune dans la presse ; j’avais tout juste 19 ans lorsque j’ai intégré la rédaction de Berria à Bayonne, après avoir décidé d’arrêter mon DEUG de basque. J’ai beaucoup appris, je crois que le quotidien Berria est une grande école de journalisme et d’écriture aussi. Mais il est vrai que j’ai fini un peu saturée et j’ai décidé par conséquent de reprendre mes études. Aujourd’hui on m’a proposé de réintégrer le journal Berria mais cette fois-ci, au sein de la rédaction principale d’Andoain, à la section « Pays-Basque » et je suis très contente. Le journalisme me plaît c’est vrai, et tout particulièrement la presse écrite car j’aime écrire et j’ai la chance de pouvoir le faire au quotidien. Entre-temps, on m’a aussi proposé de rédiger une colonne dans la section « Opinions » du journal. Cette collaboration m’a aussi donné un superbe espace où exprimer mes opinions, sans aucune sorte de filtres, à l’exception de ceux que je me suis mis moi-même.

© LaukitikAt (EKE | cc-by-sa-nc)
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Que pensez-vous du travail des médias basques ?

Pour moi les médias ne se résument pas à de simples moyens de communication, c’est à dire un service qui recueille et propose des informations. Les médias sont aussi des outils capables de créer des discours, et ils ont la faculté d’illustrer voire de créer une réalité. Si vous consommez des médias français, vous recevez constamment des informations en lien avec la France ; par exemple ici, si vous lisez le journal Sud-Ouest, on vous parle d’une seule partie du Pays Basque, le Pays Basque nord, en situant celle-ci dans un contexte français. Par conséquent, le message reçu est en lien avec l’hexagone ; il y a beaucoup d’autres exemples de la sorte. Si par contre vous prenez un média basque qui traite des informations dans un contexte national basque, cela vous permet d’imaginer ce contexte « Pays Basque » et de créer par la même occasion cette réalité. Je pense donc que les médias qui prennent en compte les 7 provinces du Pays Basque sont très importants, tant pour la langue basque que pour la représentation de ce pays. Par ailleurs, tous les médias basques sont indispensables pour la normalisation de la langue basque, les médias locaux aussi, bien évidemment.

Les mouvements pour la jeunesse, la langue basque, les droits des prisonniers basques, le féminisme ... La vie est une lutte incessante ?

Pour moi effacer les frontières et construire des ponts entre les deux cotés a toujours été un combat.

Très jeune déjà j’ai commencé à ressentir différentes sortes de répressions. En premier lieu par le simple fait de parler en basque. À Hendaye c’est un constat évident, et étant donné la situation de notre langue en Iparralde, incessamment réprimée et marginalisée, j’ai subi cette réalité dès mon plus jeune âge. Puis c’est en tant que femme que j’ai aussi très vite senti de l’oppression. La meilleure manière de répondre à tout cela est la lutte ; les mouvements de la jeunesse et d’autres mouvements sont ces espaces de lutte. La troisième oppression très présente dans ma vie est identitaire, concernant la situation politique du Pays Basque. J’ai vécu à Hendaye mais j’ai aussi toujours eu un lien étroit avec le village de Lesaka en Navarre, par conséquent traverser ce que certains appellent la frontière a toujours été quelque chose de naturel à mes yeux et j’ai donc beaucoup de mal à assumer les différentes frontières, psychologique et autres, que beaucoup de gens des deux côtés se rajoutent dans leur tête. Pour moi, effacer les frontières et construire des ponts entre les deux cotés a toujours été une bataille et le sera toujours. Je ne sais pas si nous avons progressé ou plutôt régressé dans ce sens, sûrement un peu des deux selon les thématiques, je ne sais pas répondre à cette question. Ce que je sais c’est que c’est que les motivations pour poursuivre cette bataille seront présentes tant que l’oppression existera. Par ailleurs, il existe différentes manières de résister tout au long de l’existence et je crois que la lutte prend alors différentes formes. Lorsqu’on est très jeune, on a des réactions impulsives, on est dans l’action, on essaie de faire ce que l’on peut, je dis cela sans intention de dédaigner qui que ce soit. Puis on voit que d’autres projets existent et qu'ils peuvent aider eux-aussi, souvent à plus long terme. Par exemple travailler pour le quotidien Berria est pour moi une autre forme d’agir ; c’est un projet très important en faveur de la construction nationale car c’est un média national avec un point de vue concret sur certaines thématiques. Par conséquent il peut être considéré comme un axe de lutte. Créer aussi peut être un bon moyen d’exprimer certaines idées, chaque personne trouve ses propres chemins.

Et que pensez-vous de l’écologie, ce sujet qui mobilise aujourd'hui tant de jeunes ?

J’ai parfois la crainte que le mouvement écologiste ne soit devenu qu'un simple phénomène de mode.

J’ai parfois la crainte, fondée ou non d’ailleurs, que le mouvement écologiste ne soit devenu qu'un simple phénomène de mode. Je crois par ailleurs qu’il atteindra ses objectifs seulement s’il s’attaque aux vraies raisons qui sont au cœur du problème, à savoir le système capitaliste, dans son ensemble. C’est évident pour moi. Le système sociétal dans lequel nous vivons aujourd'hui, son modèle économique, ne sont pas supportables, ils sont à la source de tous les problèmes. Tant que ce problème ne sera pas résolu, nous ne pourrons malheureusement pas arranger grand chose.

Que répondez-vous à la question : « D’où êtes-vous » ?

C’est une question si facile et paradoxalement si inconfortable pour moi, car les gens s’attendent à recevoir une seule réponse et que dans mon cas, cette réponse n’est pas si simple. Donc, selon le moment, je peux répondre une chose ou une autre ; si j’ai un peu de temps devant moi, j’essaie d’expliquer mon parcours. Je crois d’ailleurs que l’on ne réfléchit pas assez à cette question car lorsque je réponds que je suis de Hendaye et de Lesaka, les gens sont surpris, ils attendent que je choisisse, et pour moi ce choix n’a aucun sens car les deux font qui je suis aujourd'hui. Par conséquent je réponds que je suis de Hendaye et de Lesaka, et je voudrais que ce soit une réponse valide.

Et concernant vos activités principales, comment vous définissez-vous ?

Je dirais qu’à ce jour je suis journaliste professionnelle puis bertsolari et écrivaine amateur. Là aussi j’ai du mal à faire un choix unique pour me définir. Je dirais donc que ce sont trois disciplines dans lesquelles je me sens à l’aise et que c’est un vrai plaisir pour moi de pouvoir évoluer dans les trois.

© LaukitikAt (EKE | cc-by-sa-nc)
© LaukitikAt (EKE | cc-by-sa-nc)

Que pensez-vous du patrimoine immatériel ?

C’est pour moi un sujet crucial. Dans le cadre de mes études en anthropologie, j’ai eu l’occasion de faire un stage au sein de l’équipe Labrit de Pampelune qui justement s’occupe de patrimoine immatériel. J’ai enregistré des entretiens avec des personnes âgées dans le but de garder une trace du patrimoine immatériel du 20e siècle. Je trouve ce travail très important, même si ce ne sont que des vidéos et que malheureusement, ces enregistrements n’empêchent pas la perte de certaines choses. J’ai l’impression que la transmission orale, si importante ici durant des siècles se perd aujourd'hui, avec l’évolution de la société ; on n’a pas l’habitude d’aller discuter avec nos aînés, si ce n’est pour un sujet précis. À Lesaka par exemple, j’ai la sensation que beaucoup de choses se perdent, des traditions se perdent mais aussi certaines expressions ou façons de parler et je crois que les jeunes devraient aussi s’intéresser à ce genre de choses.

Je suis un peu inquiète du manque d’intérêt que l’on porte à la créativité.

Le monde du bertsolarisme fait un grand travail de recueil d’archives. Au centre de documentation Senpelar à Billabona, on peut trouver toutes sortes de vidéos, d’enregistrements audio et autres sortes d’archives. Par ailleurs, je dirais que grâce aux associations de bertsolari, un grand travail a été fait en faveur de la transmission de la tradition orale. Je ne suis pas experte en la matière mais je sais qu’avec la création d'écoles, le bertsolarisme est resté en vie et je rajouterais même que c’est aujourd'hui un des moyens d’expression culturelle parmi les plus dynamiques du Pays Basque. Le bertsolarisme a aussi très bien su évoluer, et c’est une bonne chose car pour moi maintenir la tradition ce n’est pas juste reproduire ce que les générations antérieures faisaient, c’est perpétuer les fondements en introduisant des changements, en faisant évoluer certaines choses.

Parlez-nous de Maddi Ane bertsulari

J’ai une relation assez compliquée avec le bertsolarisme. J’ai débuté jeune et j’ai été assez impliquée jusqu’à mes 18 ans ; j’étais très sollicitée à l’époque, on m’appelait d’un peu partout et je crois que j’étais trop jeune, j’ai fini un peu saturée. J’ai donc décidé de tout laisser tomber pendant un moment, je n’allais que très rarement à quelques soirées de bertso en tant que spectatrice. J’ai repris petit à petit il y a deux ans environ, à l’occasion du Championnat de Navarre par équipe et j’ai aussi repris l’école de bertsolari ; et je peux dire que ce n’est que maintenant que je prends vraiment du plaisir, en conscience, car aujourd’hui je sais où je vais et aussi ce que je cherche. La scène n’est pas un espace où je me sens à l’aise ; je sais que cela paraît contradictoire mais c’est ainsi. Lorsque je me retrouve devant le public, j’en ai des crampes à l’estomac et j’ai vraiment du mal à être sur scène. Je sais qu’on ne dirait pas, mais c’est la vérité, j’en ai des nœuds au ventre. Je ne pense pas que ce soit un hasard, je crois que cela a un lien avec la différence de genre ; Uxue Alberdi en parle très bien dans son ouvrage Kontrako Eztarritik (Susa 2019) où elle y raconte ce que ressentent les femmes bertsolari. Mais je dois avouer que c’est aussi une ambiance qui me plaît et où je prends du plaisir ; donc aujourd'hui grâce à cet esprit d’équipe et l’exercice conscient de mon esprit, je peux dire que je prends un réel plaisir.

Arzallus, Txoperena, Fernandez... Les eaux de la Bidassoa ont quelque chose de spécial pour l’improvisation des vers ?

On dirait que le fait d’être dans cette zone frontalière procure quelque chose de particulier pour la créativité ; cela mériterait une étude.

Vous parlez des bertsolari en particulier, mais moi j’élargirais cette idée. En effet je crois qu’il y a quelque chose de particulier, pour la créativité en général. Je dis ça sans y avoir vraiment réfléchi avant, mais oui j’ai l’impression qu’il y a ici un petit truc spécial qui favorise la création, il y a par exemple des groupes de musique et des musiciens incroyables à Bera, mais aussi à Hondarribia, Irun. On dirait que le fait d’être dans cette zone frontalière procure quelque chose de particulier ; cela mériterait une étude en effet.

Comment passez-vous votre temps libre ?

Je passe du bon temps avec mes amis, comme tout le monde, j’aime bien me promener en montagne aussi, même si le manque de temps ne me laisse pas assez en profiter. Puis la lecture est mon passe-temps favori. Je crois par ailleurs que si on souhaite écrire ou même créer avec des mots, il est indispensable de s’inspirer et se nourrir du travail des autres.

© LaukitikAt (EKE | cc-by-sa-nc)
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Pour aller de l’avant, vous croyez qu’il faut plutôt regarder devant ou derrière ?

Je n’aime pas trop ce genre de distinctions, le passé d’un côté, le présent, le futur, d’un autre... Je trouve cela artificiel, j’ai la sensation que tout est un la plupart du temps. On ne peut pas comprendre le présent sans connaître le passé, et je pense aussi que chaque personne est le fruit de son propre passé, on ne peut pas séparer les deux ; par conséquent le futur aussi est inséparable du présent car celui-ci se construit aujourd'hui. Après, il est vrai que certaines personnes s’embourbent un peu dans le passé, elles vivent dans une éternelle nostalgie, cela ne m’intéresse en aucun cas. Pour moi, le passé est très important, il faut le reconnaître, et savoir s’en servir pour mieux regarder devant, sans qu’il ne devienne un fardeau.

Pour finir, voulez-vous répondre à une question qui n’a pas encore été posée ?

Et bien je suis un peu inquiète du manque d’intérêt que l’on porte à la créativité, tout particulièrement en Iparralde, et surtout chez les jeunes. J’ai l’impression que c’est un domaine pour lequel on ne travaille pas assez, dans les écoles et d’une manière globale. Le bertsolarisme a tracé un chemin dans ce domaine et je trouve qu'il est important. Mais en ce qui concerne l’écriture par exemple, je trouve qu’il n’y a aucun travail d’incitation dans les secteurs de l’éducation, rien n'est fait pour que les jeunes aient envie de s’amuser avec les mots. C’est peut-être une discipline qui ne plairait pas à tout le monde certes, mais on n’offre même pas l’opportunité de tester pour le savoir. C’est du vécu en ce qui me concerne. Moi j’ai commencé à écrire parce ce que j’aime profondément cela et parce que je suis têtue, mais j’aimerais bien que l'on aide plus certaines disciplines créatives.

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